Par Carl

12/03/2020

Neurosciences - neuroplasticité

On a cru pendant longtemps que les neurones étaient reliées de manière définitive.  Il est prouvé depuis de nombreuses années que le cerveau change ses synapses lorsque vous vous souvenez de quelque chose de nouveau. Il ne serait pas capable d'enregistrer quoi que ce soit de nouveau s'il était câblé définitivement. En établissant des connexions entre des idées ou des images, vous établissez également des connexions entre les neurones qui codent ces idées et ces images.  C’est la raison pour laquelle de nombreuses techniques de coaching utilisant la PNL (programmation neuro-linguistique) sont si efficaces.  A partir du moment où vous modifiez les représentations des idées et images, vous apportez une nouvelle signification aux souvenirs.

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Lorsque vous utilisez les connexions synaptiques qui représentent une expérience ou une compétence particulière, ou encore un souvenir, vous les renforcez.  Par contre, lorsque vous n’utilisez pas ces connexions, elles disparaissent progressivement. Cela fonctionne finalement comme les muscles, ou encore comme l’utilisation d’un chemin en forêt que l’on abandonnerait au profit d’un nouveau chemin.  Le premier se verrait disparaître sous la nature qui reprendrait ses droits et le second s’élargirait et se renforcerait.

Un autre élément important dans l’activation commune des chemins neuronaux est sa propension à s’activer à nouveau plus tard.  A contrario, les neurones qui sont désynchronisés ne peuvent pas se relier. C'est l'explication neuronale de l'oubli.  Les hypnologues reconnaîtront ici sans doute l’explication neurologique de phénomène d’hallucination négative.

En d'autres termes, plus vous faites quelque chose, plus il est probable que vous le referez à l'avenir. C'est pourquoi les sportifs s’entraînent, les étudiants drillent les exercices en langues ou en mathématiques, les musiciens répètent régulièrement. Il en va de même pour la réflexion. Plus vous pensez à une expérience, plus elle vous reviendra à l'esprit, encore et encore. La répétition renforce les connexions neuronales et créent des habitudes.  Qu’elles soient bonnes ou mauvaises n’a aucune importance.  Le cerveau aime les habitudes car elles sont automatisées à travers des processus inconscients, peu énergivores.  C’est efficace et ça ne fatigue pas !

Lorsque les neurones s’activent souvent ensemble, ils se reforment plus rapidement. Cela conduit à une efficacité accrue, car le nombre de neurones nécessaires pour effectuer une compétence particulière est plus précis. Par exemple, lorsque vous avez appris à marcher ou à conduire, vous avez d'abord utilisé plus de muscles et de neurones.  Ensuite, à force de répétition, vous avez appris à marcher et à rouler efficacement. Moins d’efforts musculaires, d’attention consciente et de neurones ont été nécessaires.  Vous avez automatisé cet apprentissage qui est passé dans vos automatismes inconscients. Pour les professionnels du changement et de l’éducation, nous rejoignons ici la notion du « stade de la compétence inconsciente ».

Non seulement le comportement modifie la structure du cerveau par la neuroplasticité, mais le simple fait de penser ou d'imaginer des comportements particuliers peut également modifier la structure du cerveau. Par exemple, des chercheurs ont montré que le simple fait d'imaginer une séance de pratique du piano ou d’un sport contribue à la neuroplasticité dans la zone du cerveau associée aux mouvements des doigts en jouant du piano ou des muscles et tendons dans la pratique du sport. Ainsi, la pratique mentale seule contribue au recâblage du cerveau.  Ceci est un levier extraordinaire de changement pour les coaches et thérapeutes. 

Comment se produit la neuroplasticité?

Un processus appelé potentialisation à long terme (PLT) se produit lorsque l'excitation entre les cellules est prolongée. Cette prolongation renforce les connexions entre les cellules et les rend plus aptes à s’activer ensemble dans le futur. Ainsi, la PLT est relativement longue et durable.

Ce phénomène est à ce point certain pour tous les neuroscientiques que l’on en a fait une loi : la loi de Hebb.  Elle a été établie par Donald Hebb en 1949.

Nous l’avons vu plus haut : l'utilisation renforce les connexions, et la non-utilisation les affaiblit. Les anciennes connexions qui ne sont pas renforcées par des relations s'estompent. Tout comme le cerveau a besoin des mécanismes PLT qui renforcent les connexions entre les neurones pour que vous puissiez vous souvenir, il a également besoin de ceux qui l'aideront à oublier. Un processus connu sous le nom de dépression de longue durée (DLD) vous aide à désapprendre les mauvaises habitudes.  L'affaiblissement des anciennes connexions vous donne plus de neurones disponibles à utiliser pour les nouvelles connexions que vous établissez avec PLT.  Elles libèrent la place.

Certaines parties du cerveau sont très douées pour rassembler rapidement des informations afin que vous puissiez prendre des décisions sans avoir à réfléchir pendant des heures, voire des jours.

C'est universel!

Les praticiens en coaching et leurs clients savent à quel point la connexion entre les pensées, les émotions et les comportements est universelle.

Lorsqu’une expérience vous revient à l’esprit, certaines connexions synaptiques sont renforcées et d'autres sont affaiblies, en fonction des détails dont vous vous souvenez. Au fil du temps, à force de changements dans les connexions synaptiques, la mémoire devient plus aléatoire par rapport aux événements qui ont réellement eu lieu.  Le fait que le cerveau code les informations sensorielles dans différentes parties du cerveau, et à des vitesses différentes, renforcent cet écart entre la mémoire que l’on a de l’expérience vécue et l’expérience réellement vécue. 

En fait, vous recâblez votre cerveau chaque fois que vous revoyez l'histoire dans votre esprit.

Comment fonctionne la mémoire

Ces prochains paragraphes ne vont pas expliquer la mémoire en long et en large, mais je tiens à faire le lien avec la construction de chemin neuronaux.  Lorsque des décisions sont prises rapidement dans des circonstances difficiles et chargées d’émotion, elles forment une expérience particulièrement gratifiante et mémorable.

Au fond du cerveau se trouvent deux structures qui sont impliquées dans la mémoire. La première est l'amygdale et l’autre l’hippocampe.

L'amygdale est déclenchée par des états émotionnels intenses, comme la peur ou la joie, et elle attribue une intensité émotionnelle aux informations qui lui parviennent. L'amygdale peut être déclenchée par le regard rapide d'une personne très attirante ou par le regard fâché de votre partenaire de vie.  Elle est souvent responsable du déclenchement de la panique.

Des chercheurs ont récemment découvert la naissance de nouveaux neurones, ou neurogenèse, dans l'hippocampe. Les scientifiques ont longtemps cru que la neurogenèse n'était pas possible.

L'hippocampe et l'amygdale sont impliqués dans deux types de mémoire différents : explicite et implicite, respectivement. La mémoire explicite est utilisée lorsque vous essayez de vous souvenir de faits, de dates, de mots ou de tout autre élément d'information.

La mémoire implicite est souvent considérée comme une mémoire inconsciente. Elle réagit à l'intensité émotionnelle des événements et des situations. Lorsque la situation est potentiellement dangereuse, elle active le système automatique de l’état de peur ou du stress dans votre corps. C'est ce que l'on appelle souvent la réaction de combat - ou de fuite.

Ce système d'alarme est automatique, c'est-à-dire qu'il se déclenche avant que vous ayez eu le temps d'y réfléchir. Il y a des milliers d'années, lorsque nos ancêtres rencontraient un tigre aux dents de sabre, il était préférable de réagir immédiatement et de ne pas rester là à penser à comment réagir. Ainsi, la voie rapide vers l'amygdale a permis à nos ancêtres de rester en vie.  Aujourd’hui, l’amygdale détourne vos lobes frontaux et prennent le contrôle en cas de stress.  Vous ne risquez plus vraiment d’être mangé par un tigre aux dents de sabre et à moins de vous balader dans des zones dangereuses, votre vie n’est plus en danger.  Pourtant, le mécanisme automatisé est resté.

L’amygdale est donc en grande partie responsable de la mémoire liée à l’état émotionnel du stress.  En d’autre mots, lorsque vous vivez une situation stressante, les stimuli qui vous ont amené à vivre cette expérience comme stressante sont autant d’ancrages qui vous amèneront à revivre le stress à chaque fois que ces stimuli se présentent à vous, alors même que la situation ou contexte sont différents et ne devraient pas générer de stress ou de peur. 

En d’autre mots, l'amygdale vous a aidé dans une situation particulière en suscitant suffisamment de peur en vous pour vous protéger, mais elle vous a dès lors aussi rendu trop sensible à certains stimuli. Ce système de peur ou de stress est ainsi activé même lorsque vous n'avez pas besoin d'avoir peur. C’est le phénomène de mémorisation dépendant de l’état émotionnel.

Vos lobes frontaux sont parfois appelés le cerveau exécutif ou le centre de contrôle exécutif parce qu'ils sont importants pour orchestrer les ressources du reste de votre cerveau. Les lobes frontaux décident de ce qu'il faut faire, de la manière dont il faut rester positif et d'apprécier l'ensemble de la vie.

D’autres parties du cerveau constituent le cerveau social, car ce système de neurones se développe grâce à l'interaction sociale. Lorsque ces neurones sont activés efficacement, vous avez moins de problèmes psychologiques et une meilleure santé mentale.

Les liens que vous avez tissés avec vos parents depuis le début de votre vie ont affecté votre cerveau social. Vos relations ultérieures modifient ensuite ces connexions neurales.  Les relations amoureuses renforcent le sentiment de bien-être, tandis que les relations négatives vous laissent le sentiment contraire.

Nous savons que des substances neurochimiques telles que l'ocytocine sont impliquées dans l'accouchement et la création de liens, et que plus tard dans la vie, elles s'activent dans les relations intimes. Des taux d'ocytocine plus élevés contribuent à atténuer la douleur et à nous faire sentir réconfortés par les autres. C'est pourquoi l'ocytocine est appelée "l'hormone des câlins". ”

Neurones miroirs et connexions

La récente découverte des neurones miroirs a montré que certaines parties de votre cerveau sont très sensibles aux mouvements et aux intentions des autres. Les neurones miroirs vous permettent d'être le miroir d'une autre personne, ou de ressentir ce qu'elle ressent sans même y penser. Par exemple, lorsqu'un ami baille, vous baillez immédiatement après ? Les neurones miroirs sont essentiellement l'explication de ce phénomène.  Elles expliquent aussi le phénomène d’empathie.

Les neurones miroirs donnent aux gens la capacité de nouer des relations et d'en tirer profit. Saviez-vous que les personnes autistes ont peu de neurones miroirs ou que ceux-ci dysfonctionnent.  Les neurones miroirs accentuent également l’importance de contribuer à la vie des autres pour se sentir heureux car l’impression de bonheur perçue chez les personnes que vous aidez vous permet de vous sentir également heureux/se.

L’expression "donner c'est recevoir" peut donc être considérée comme une vérité basée sur votre neurologie. L'insensibilité et l'égoïsme sont essentiellement mauvais pour votre cerveau et votre santé mentale. En revanche, la compassion et les relations amoureuses sont bonnes pour votre cerveau et votre santé mentale. Le système des neurones miroirs a également été identifié comme la partie du cerveau qui est impliquée dans la méditation et la prière en pleine conscience.

De nombreux neuro-scientifiques ont récemment étudié les effets de la méditation et de la prière sur le cerveau. Cela explique les effets de la prière ou de la pleine conscience sur le bien-être des personnes qui la pratiquent.

Pratiquez donc la méditation en pleine conscience ou de la prière régulièrement. Cela alimentera les circuits cérébraux qui favorisent une meilleure santé.  La loi de Hebb et la LTP en action pour une vie plus heureuse et épanouie.

L’utilisation de la neuroplasticité, à travers la loi de Hebb et de la LTP est un outil incontournable du coaching et des thérapies modernes.  Etre capable de les utiliser à bon escient, au bon moment et de la bonne manière est un avantage considérable dans l’accompagnement des personnes à changer leur vie personnelle, relationnelle et professionnelle.


Auteur : Carl Dufour
Fondateur de Systemic Minds
Coach Professionnel et Hypnologue

Mon ambition est de vous aider à atteindre une vie plus équilibrée et plus performante à tous niveaux : personnel, relationnel et professionnel. Mes clients ont pu transformer totalement ou partiellement leur vie et/ou leur entreprise. Certifié Coach Professionnel, ma méthode est holistique et systémique. Je suis formé à la PNL humaniste d'Alain Losier et Marie-Luce Dossche, à la HPNL de John Overdurf, au coaching d'intervention stratégique d'Anthony Robbins et Cloe Madanes, à l'hypnose classique et Ericksonienne, ainsi qu'à l'école d'hypnose d'Igor Ledochowsky, à l'analyse transactionnelle, à l'approche systémique, au neurosciences et au marketing stratégique, je possède une expérience de plus de 20 ans d'expérience dans le conseil, la formation et le coaching.

Carl Dufour

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